The Man Of The Week

Hugo Chouinard, le magicien du son


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Hugo dans son studio. Cet ancien danseur de glace a commencé à faire ses propres musiques de patinage lorsqu'il était enfant.

Six écrans, des pistes audio colorées et de la musique qui retentit sans cesse... Bienvenue dans le monde d'Hugo Chouinard, un designer du son bien connu du monde du patinage synchronisé puisqu’il signe les arrangements de toutes les plus grandes équipes internationales. Entrons dans son univers!

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Dans un studio insonorisé situé dans sa maison, la nouvelle saison de patinage synchronisé a déjà débuté. Et pour cause, c’est là que naît chaque année un grand nombre de musiques de programmes synchro. Chaque saison, le Québécois Hugo Chouinard crée environ 200 musiques pour le patinage synchronisé et plus de 2000 autres pistes, notamment pour le patinage artistique.


"Ca a commencé quand j’étais ado, dans ma chambre chez mes parents", se rappelle ce passionné de musique qui a étudié le design. "Un jour, on m’a dit qu’en mettant ensemble mes passions, je n’aurai plus jamais l’impression de travailler", sourit-il. En 1999, il termine son BAC et tout s'enchaîne. "J’ai commencé petit à petit à travailler avec des patineurs et les gens m’ont fait confiance", confie Hugo.

Le monde du patinage, il le connaît très bien puisqu’il a lui-même pratiqué la danse sur glace pendant de nombreuses années avec sa partenaire, terminant quatrièmes aux championnats du monde juniors de 1993 à Séoul. Il a même entraîné Les Suprêmes pendant quatre ans.


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Hugo et sa partenaire en 1994 et l'équipe des Suprêmes en 2001.

Marigold IceUnity, Haydenettes, les Rockettes d’Helsinki, les Skyliners, les Finettes… les équipes du monde entier viennent chez lui pour créer leurs musiques de programmes. Sans oublier bien sûr les équipes locales du Québec comme Les Suprêmes ou Nova. "Chaque coach a sa propre méthode de travail. On expérimente, on essaie des choses ensemble", explique Hugo qui travaille en vidéo-conférence avec les entraîneurs du monde entier. 

En venant voir Hugo, certains coaches synchro ont déjà une idée très précise, tandis que d’autres arrivent simplement avec une musique en tête. Ensuite démarre la création. "Sky is the limit", souffle le designer musical. Ce "magicien" comme certains l’appellent volontiers, peut également compter sur son associé Karl, compositeur et multi-instrumentiste.


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En tant que multi-instrumentiste, Karl collabore avec Hugo dans la création de la musique jusqu’à ce que les entraîneurs soient pleinement satisfaits.

"Il n’y a aucune mauvaise idée dans le montage d’une musique synchro. Cela peut partir de n’importe quoi: une pièce, un concept, une histoire… tout est possible", lance Hugo qui se rappelle entre autres de la musique des Rockettes d’Helsinki baptisée Alarme. "On s’est beaucoup amusé à trouver des musiques et des effets  qui sonnaient comme la fin du monde, qui faisaient penser à la catastrophe", souligne-t-il.

"Le patin est en pleine évolution et nous sommes dans la bonne direction avec le patinage synchro. Nous avons besoin d’amener un public plus jeune dans les arénas. Il faut donner de la saveur au sport, le rendre accessible à une plus vaste audience. En synchro, on a toujours su créer des histoires remplies de constrastes, de surprises, de vrais moments. C’est finalement comme créer un film de quatre minutes", relève-t-il. 

Le seul homme à connaître toutes les musiques avant tout le monde
Comment se sent-il une fois qu’il découvre, pour la première fois, l'une de ses musiques patinée par une équipe? "C’est juste magique. Durant des mois, je les imagine dans ma tête. Parfois, je comprends aussi pourquoi le coach insistait tellement sur ces quelques secondes. C’est qu’il voulait créer un effet. La musique est au service des patineurs, elle permet de marquer des moments et d’augmenter les GOE's. Chaque pièce est un bijou, chaque musique est unique", fait savoir Hugo.

Il arrive que des musiques (ou des parties de musiques) changent en milieu de saison. "Parfois, on a 30 versions différentes car il est plus facile de changer la musique que les patineurs", sourit-il.

Alors que le monde a été stoppé durant plusieurs semaines en raison de la pandémie, Hugo se montre positif. "On n'est pas trop mal. Tout le monde travaille fort virtuellement, on est dans les temps", relève le designer musical qui travaille actuellement sur les musiques de plusieurs grandes équipes synchro internationales. "Les concepts se placent gentiment mais je ne pourrai pas vous en dire plus. Les enjeux sont gros. On reste dans le secret des dieux."

"Le patinage synchro arrive toujours à nous surprendre"
Quant à savoir si une tendance musicale se détache pour la saison prochaine, il répond: "Je crois que le patinage synchro n’a jamais vraiment de tendance car il arrive toujours à nous surprendre avec une infinité de concepts. Peut-être, pour la saison prochaine, qu’avec ce que nous venons de traverser, il y a une envie de la part des coaches de mettre un peu d’espoir dans les musiques. Une forme de spiritualité, de bonnes vibrations, en prenant la pandémie de manière positive", dit-il.

Si tout à coup, deux équipes ont la même idée ou la même musique, Hugo leur demande, en gardant l’anonymat des compétiteurs et la confidentialité, s’ils veulent se parler. "Ça a été le cas une saison avec la musique de The Greatest Showman", relève-t-il.


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Durant la saison, Hugo parcourt les compétitions nationales au Canada. Responsable de mettre l’ambiance et de faire lever la foule avec de la musique, il adore le public synchro. "Je rêve de pouvoir un jour montrer ce sport au plus grand nombre. Au Canada, cela commencerait par intégrer les équipes juniors et seniors aux nationaux de patinage artistique. Nous pourrions ainsi présenter ce sport aux patineurs en simple et aux danseurs sur glace, cela serait génial", conclut-il.